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Septième art : Le cinéma des Marocains de France PDF Imprimer Envoyer
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Écrit par admin   

Ils deviennent de plus en plus visibles sur les écrans français à l’image de Rochdy Zem en vedette ce mois de juillet dans «Mains armées ». Il est partout affiché à Paris. C’est dire qu’il est en train de crever l’écran appliquant à la lettre la célèbre expression. Et il n’est pas le seul et ça devient un phénomène attirant l’attention. Ils font leur cinéma qui est un mélange entre le genre courant commercialisé et grand public et parfois le genre auteuriste ou disons d’expression, surtout lorsqu’il joue la fibre marocaine. Pour cette dernière, leur visibilité s’accentue et se double, mais le fait-il dans le sens convoité, disons le bon ?  Ils sont Français avant toute chose, mais le rapport avec le pays d’origine, par la filière parentale ou par naissance, leur a ouvert un champ de cinéma plus large. Le résultat en est la confection d’un nombre de films de plus en plus nombreux, français, marocains ou coproduits simultanément. Certains sont installés entre les deux rives de la méditerranée, et ils en profitent pleinement.
Mais l’important est de connaitre la nature de cinéma. Et surtout en quoi il aide le Maroc, si ce cinéma profite aussi au pays d’origine. Car il va sans dire que pour la France, le cinéma a une grande histoire derrière elle et son présent est florissant. Un ou vingt réalisateurs de plus, des acteurs talentueux ou acteurs doublés de réalisateurs sont les bienvenus, mais cela ne change guère la donne et les caractéristiques qu’il s’est forgé durant plus de cent ans d’existence.
Toutefois pour la France, une nouvelle veine, un autre point de vue doivent être de mise et  devraient changer des idées et des positions arrêtés, apporter du nouveau. Et il y en a. A commencer par l’image du héros basané qui tient le haut de l’affiche. Chose non négligeable et dénotant le changement de mentalité et l’acceptation générale. Rochdy Zem, Gad El Maleh, Jamal Debbouze, …pour ne citer que les plus célèbres. Ils sont devenus des personnages publics connus de tous et ont introduit un humour nouveau et une façon autre de mouvement scénique et d’interprétation corporelle. Plus, ils ont fertilisé la langue et le contenu français par des locutions, des expressions, des contenues marocains.
En cela, ils ont bien servi l’image du pays d’origine, ne serait-ce qu’en faisant circuler son nom en attendant de faire circuler ses valeurs ancestrales et actuelles et non pas seulement ce qui s’y meuvent en négatif ou en positif neutre et lisse dans une attitude de réaction immédiate et événementiel. Il faut ajouter à cela le devoir de l’aider à être plus moderne, plus démocratique, plus présent dans le fond, et ce en participant aux débats qui y sont vifs et de les refléter. Il n’y a pas que la beauté de Marrakech, certes une richesse internationale, et ses délices !
Car force est de constater que l’engagement de fond et terre à terre n’est guère diffusé. Surtout de la part des réalisateurs, consacrés ou nouveaux. Certes ils choisissent des sujets où le marocain (amazighe, arabe, musulman, juif,..) est présent, que ce soit dans le domaine de l’immigration, l’histoire commune aux deux pays, les séquelles de la période du protectorat, ou le poids des habitudes d’origine de la religion, dans ses facettes musulmane traditionnelle ou idéologique islamisante. Tels qu’on les voit dans les films d’Ismail Ferroukhi, Souad Bouhati, Hassan Lagzouli, Hassan Alaoui, Zakia Tahiri, Nabyl Ayyouch, et bien d’autres… Ils optent pour des sujets marocains spéculatifs, parfois exotiques, dépaysant, mais sans forte application intellectuelle tranchée. Sujets nouveaux, images fortes, mais souvent avec des idées générales.
On dit cela tout en pensant à l’aide financière dont ils bénéficient de la part de l’état marocain, à travers les subventions du CCM. Cette assistance, qui devrait les aider à créer le «Film Marocain» qui infléchirait, rehausserait, ferait émouvoir profondément, tenir le boxe office le plus longtemps possible, investir les salles de cinéma parisiens. Oui c’est un rêve qu’un célèbre film iranien récent,  simple et fort, a pu réaliser partout ! Eux qui peuvent se procurer de l’aide en France, là où les producteurs existent et les pouvoirs publics ont des modalités bien établis de financement pour le cinéma, puisqu’ils sont français et y ont droit.
Certes, les réalisateurs de France, les acteurs connus, originaires du Maroc, ont apporté un souffle nouveau, or on peine à voir le Maroc percé dans leur films tel qu’on le souhaite, populaire, culturel, vif, celui qui se bat pour intégrer le monde civilisé, celui des créateurs du pays qui ne manquent pas d’idées innovatrices mais qui s’efforcent à percer ailleurs. Des idées de créateurs marocains à chercher et à encourager, sans médiateurs ni prestataires, ni pouvoir quelque soit sa nature..   

*Cela ne concerne pas les réalisateurs marocains naturalisés français
et qui vivent au Maroc.

M’barek Housni, critique du cinéma

 

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