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Pénurie d’infirmiers au Maroc : Des solutions urgentes s’imposent PDF Imprimer Envoyer
Actualités
Écrit par O.A.   

Le Maroc connaît depuis plusieurs années une pénurie de personnel infirmier qui devrait s’accroitre dans les prochaines années. Nous ne cessons d’attirer l’attention des décideurs  et des responsables sur les conséquences  à court terme qui pourront découler de cette grave pénurie.   Si rien de concret n’est entrepris aujourd’hui pour juguler  le manque  d’infirmiers (ères), nous exposerons notre population demain à de véritables problèmes de santé.  Les explications.

La pénurie d’infirmiers : une réalité qui est vécue au quotidien
La pénurie d’infirmiers (ères) dans notre pays n’est pas une simple vision de l’esprit, contrairement à ce que certains peuvent penser, mais une réalité qui est vécue au quotidien. Cette pénurie est ressentie d’abord par les professionnels de santé qui sont contraints dans bien des situations de faire face à une grande charge de travail,  qui éreinte les plus résistants et décourage les plus faibles, d’où les nombreux certificats de maladie  et l’absentéisme au niveau des structures de santé, une réalité que l’on peut aisément constater sur le terrain. La pénurie d’infirmiers est aussi ressentie par les malades qui sont obligés d’attendre leur tour pour être soignés que ce soit pour un prélèvement, une injection, une perfusion, un changement d’un pansement, une radio.
La pénurie d’infirmiers est aujourd’hui telle qu’aucun hôpital ne peut se targuer  d’avoir des infirmiers, infirmières en nombre suffisant.
Cette pénurie risque d’atteindre des proportions alarmantes dans les années à venir au point qu’elle dégradera la qualité des soins infirmiers au niveau de plusieurs établissements hospitaliers qui sont en situation plus que précaire.

Une pénurie qui tue les... dispensaires

Par ailleurs cette pénurie est à l’origine de la fermeture de plusieurs centaines de dispensaires et centres de santé surtout dans le milieu rural. La ministre de la santé l’a elle-même reconnu devant les parlementaires, ce qui inquiète le plus, c’est le nombre de ces dispensaires qui sont fermés, plus de 200, c’est énorme. On n’a pas idée de construire  un tel bâtiment qui suscite beaucoup d’espoirs au sein des populations et de le laisser par la suite fermé  jusqu’à ce qu’il commence à tomber en ruine.  Ce constat ne peut laisser personne indifférent, c’est pour cela que nous tirons la sonnette d’alarme afin d’attirer l’attention des responsables sur les réels risques inhérents à ce manque de personnel para-médical. Des mesures immédiates courageuses, cohérentes doivent être prises par les responsables du département de la santé, faute de quoi bien des hôpitaux seront confrontés à une réelle crise dans les années à venir surtout  que de  grands contingents d’infirmiers (ères) ont commencé à partir  à  la retraite, une situation qui va s’accentuer  dés cette année 2010. Qui va assurer la relève ? Comment compte-t-on remédier à ces sous effectifs ? Qu’a prévu le ministère de la santé ?  

Un problème urgent qui nécessite des solutions urgentes.
Quand nous parlons de pénurie d’infirmiers (ères), nous voulons en réalité parler de plusieurs pénuries, car aux carences de médecins spécialistes qui ne cessent de défrayer la chronique en faisant la une des journaux, viennent s’ajouter une pénurie d’infirmières polyvalentes, de kinésithérapeute, de techniciens, d’infirmiers anesthésistes de radiologie, de laboratoire...
Cette pénurie d’infirmiers (ères) se fait sentir au niveau de tous les services, mais elle est plus ressentie et plus exacerbée dans les unités des soins intensifs (réanimations) bloc opératoire, radiologie, traumatologie, oncologie, maternité.
Nous ne devons pas nous voiler la face et dire que la pénurie d’infirmiers dans notre pays n’est pas tellement dramatique, ou qu’elle n’est qu’une simple vision de l’esprit. Il y a donc lieu de s’alarmer de l’évolution de la situation au moment où aucune stratégie gouvernementale cohérente n’est entreprise pour pallier à ce manque de personnel. C’est vrai que le ministère de la santé tente bien que mal de faire face à  cette situation  puisque 1 100  paramédicaux ont été recrutés en 2008  et  1 054 en 2009, mais entre temps combien d’autres sont partis à la retraite ? On a l’impression  que c’est du colmatage, on met du plâtre pour  boucher de grands trous, c’est très grave ce genre de situation.

Une situation qui inquiète

Sans chercher à acculer  quiconque  puisque ce qui est fait est fait, nous  devons reconnaitre que le problème de la pénurie d’infirmiers (ères) ne date pas d’aujourd’hui. Cette pénurie était programmée par les responsables et les décideurs qui avaient en charge la santé des citoyens dans les années 80 et plus particulièrement ceux qui avaient pris la décision de fermer les écoles de formation des infirmiers. C’est donc une situation héritée, mais cela ne doit pas pour autant justifier la situation actuelle.
Une situation caractérisée par des sous effectifs en infirmiers (ères) polyvalents (es) et techniciens de santé. Nous avons besoin à l’heure actuelle de près de 20.000 infirmiers, chose qui a été à maintes reprises reconnue et qui confirme
si besoin la pénurie. Une situation qui devient de plus en plus sérieuse, qui inquiète et qui doit inciter à la vigilance surtout que  nous assisterons à une grande vague de départs à la retraite et il n’est pas exagéré de prédire un raz de marée, une déferlante, un Tsunami qui videra de près d’un tiers les effectifs actuels de personnels infirmiers. Actuellement et selon les estimations, il y a prés de 26.400 infirmiers toutes catégories  confondues au Maroc, si le 1/3 part à la retraite, on peut aisément deviner les drames qui y découleront. Les 21 instituts de formation aux carrières de santé que compte notre pays arrivent à former 1500 lauréats chaque année, mais ils ne sont pas tous recrutés par manque de postes budgétaires. Un grand nombre part s’exiler dans  des pays qui accordent   à l’infirmier une grande importance (Canada, Etats-Unis, France, Italie) pour ne citer que ces pays. Les autres arrivent à s’insérer dans le secteur privé. Dans ces conditions, on ne comprend pas le paradoxe qui caractérise le département de la santé : d’un côté il y a une pénurie d’infirmiers (ères) et de l’autre côté on ne recrute pas les infirmiers qui sont formés au niveau des instituts privés pour pallier aux sous effectifs, une main d’œuvre précieuse qui ne coute rien au ministère en terme de formation  et dont les lauréats sont prêts a travailler là ou ils seront affectés, c’est à n’y rien comprendre.

 

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