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Comment l’Afrique doit-elle gérer le défi de l’énergie ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Anne-Emilie Arnault   

Ils ont dit

Des personnalités du secteur privé et public ont rejoint les experts pour parler des défis énergétiques auxquels l’Afrique doit faire face. Compte rendu.

M. Mamadou Igor Diarra, ministre de l’Economie et des Finances (Mali): «L’énergie, certains la définissent comme ‘la capacité qui nous est offerte de faire bouger les choses’... Aujourd’hui, le problème est plus grave qu’on ne le pense. D’ici 2035, il nous faudra des centaines de milliards de dollars (US) pour répondre à ce défi. Nous devons alors poser dès maintenant un constat problématique : l’Afrique dispose de toutes les ressources d’énergie. Ceci dit, alors qu’au nord de l’Afrique le taux d’électrification avoisine les 100%, quand on descend, ça devient la chute libre… Le Maroc peut nous montrer l’exemple ! Nous avons le soleil, le vent et tout ce qu’il faut dans nos sous-sols pour rattraper cette fracture énergétique. Le temps presse et ce n’est qu’ensemble, par sous-région, que nous pourrons aller vite».

M. Joël Nana Kontchou, directeur général d’Eneo (ndlr : Eneo est le concessionnaire du service public de l’électricité au Cameroun) : «Au Cameroun, nous avons un accès à l’électricité qui est assez disparate. Chez nous, l’hydroélectricité représente un gros potentiel. Le mix énergétique  est une bonne option pour nous, via le solaire, l’éolienne et l’hybride thermique-solaire. Ce dernier mélange serait bénéfique pour les villages, par exemple. Le thermique se mettrait en marche lors des pics de demande. Nous cherchons donc à continuer à produire et l’Etat est prêt à aider. Toutefois, nous voulons aussi avoir des petits producteurs indépendants. Quoiqu’il en soit, pour obtenir une énergie fiable et à bas coûts, nous devons accroître la production actuelle».

M. Adil Khamis, directeur de Développement de Nareva Holding (Navera Holding est une filiale du Groupe Ona, spécialiste des métiers de l’énergie et de l’environnement) : «Nous avons des projets de gestion de l’eau. Nous nous intéressons aussi à la production d’électricité via l’énergie fossile, conventionnelle et renouvelable. Nous avons un portefeuille actuel de 2000 mégawatts (ndlr : pour la réalisation d’ici 2020 de deux programmes solaire et éolien). Nous avons par ailleurs engagé plus de 3 milliards de dollars dans les parcs éoliens. De plus, grâce à la loi n°13-09 relative aux énergies renouvelables, nous libéralisons partiellement le marché de l’électricité».

M. Bernard Kouassi N’Guessan, directeur général de Ciprel (Compagnie ivoirienne de production d’électricité), filiale du groupe Eranove : «En 20 ans, Ciprel a investi près de 660 millions de dollars. Notre succès tient à trois éléments. Tout d’abord, notre secteur est viable. Autrement dit, notre business plan global tend vers l’équilibre. Deuxièmement, notre engagement Etat-investisseurs-producteurs porte ses fruits. Enfin, le cadre juridique et légal dans lequel nous progressons nous convient. Notre histoire rassure. Nous avons une certaine crédibilité. Chaque partenaire tient ses engagements. Du coup, quand nous avons eu besoin d’emprunter en 2008 puis une deuxième fois en 2010, cela a été possible car on nous faisait confiance».