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Le PNE, une référence capitale de la politique hydraulique PDF Imprimer Envoyer
Actualités
Écrit par M’Barek Tafsi   

Afailal au Forum de la MAP


- Le gouvernement a à son compte un bilan honorable

- Le PPS s’est approprié la cause de la femme au moment où l’on avait honte de parler d’elle

Le gouvernement actuel peut s’enorgueillir d’avoir un bilan «honorable» à son

compte en réussissant à aborder nombre de dossiers brûlants (compensation, retraites, etc…) et à assurer la stabilité du pays, a affirmé, mardi à Rabat lors du Forum de la MAP, la ministre déléguée chargée de l’eau, Charafat Afailal, également membre du Bureau politique du Parti du progrès et du socialisme (PPS).

Devant un public averti et nombreux, rarement réuni dans la salle Mustapha El Khaoudy au cours des Fora de la MAP, la militante du PPS a été on ne peut plus claire et convaincante, à tel point qu’elle a mérité des applaudissements nourris de l’auditoire, en affirmant que le gouvernement a eu le courage et le mérite d’avoir abordé des dossiers épineux, évités depuis de longues années par les gouvernements précédents.

Tout en affirmant que le gouvernement a fait des choses positives (Diminution des prix des médicaments+ Fonds Takafoul + Bourses d’étudiants+ Indemnisation pour pertes d’emploi etc…), le PPS souligne qu’il n’a pas réussi dans d’autres secteurs comme c’est le cas du secteur de l’emploi, a-t-elle dit.

Certains dossiers accusent certes du retard, mais aucune décision n’a été prise par ce gouvernement, qui marque un recul par rapport à ce qui est acquis, a-t-elle ajouté.

C’est le cas aussi du projet de loi de lutte contre la violence faite aux femmes, qui traine depuis l’ancien gouvernement et qui accuse un grand retard, a-t-elle dit. Pour le PPS, a-t-elle noté, il est nécessaire de faire retourner le projet au gouvernement pour élaborer une version plus satisfaisante aux yeux de la plus grande partie des défenseurs des droits de la femme et pour que les mesures prévues ne soient plus noyées dans le code pénal.

Réagissant à une question relative à l’intérêt que le PPS accorde à la défense des droits de la femme, Charafat Afailal a souligné que la cause de la femme fait partie de l’ADN du PPS, qui en a fait une affaire décisive depuis sa création il y a plus de 70 ans.

Depuis sa création dans les années 40, le parti (%M à l’époque) s’est approprié totalement cette cause et a engagé des batailles successives, qui se sont traduites par la réalisation d’acquis historiques importants au profit de la femme marocaine, a-t-elle rappelé. Le PPS avait réussi à débattre en public la question de la femme à un moment où de nombreux autres considéraient que c’était une « honte » pour eux d’en parler. Ils considéraient la femme comme un être inférieur.

C’est ainsi que l’égalité homme-femme est devenue aujourd’hui une affaire d’Etat et non de gouvernement, comme le prévoit la Constitution, a-t-elle affirmé, précisant que le PPS est pleinement conscient du rôle qu’il doit jouer au sein du gouvernement et ailleurs dans le débat public en cours au sujet des causes de la femme.

Fort donc de sa crédibilité et de son palmarès dans tous les domaines et de la plus grande attractivité qu’il exerce désormais au milieu des larges classes populaires, le PPS dispose de grandes chances très prometteuses pour marquer la surprise lors des prochaines élections locales, régionales et législatives, selon Charafat Afailal.

LE PLAN NATIONAL DE L’EAU

Exposant les grandes lignes du Plan national de l’eau en attendant qu’il soit prochainement adopté au cours de la première session du Conseil national de l’eau et de l’environnement, la ministre a indiqué que la mise en œuvre de cette feuille de route est une nécessité pour éviter au pays une situation critique comparable à celle qu’affronte actuellement le pays en matière des régimes de retraites et de compensation.

Selon la ministre, le Maroc s'est engagé depuis une longue date dans la voie de la maîtrise et de la mobilisation de ses ressources en eau grâce à sa politique des barrages. C’est ainsi que le pays compte à présent 139 grands barrages en exploitation, 16 grands barrages en cours de réalisation et plus d'une centaine de petits barrages, soit une capacité de stockage de plus de 17 milliards de m3. L’on dispose aussi de 13 installations de transfert des eaux d’une région à une autre.

Toutes ces réalisations ont permis au pays d’assurer la couverture de ses besoins en eau potable à 100% en milieu urbain et à 94% en milieu rural, outre la couverture de ses besoins en irrigation des terres agricoles (1,5 million d’hectares au lieu de 1 million, objectif initialement fixé à la politique des barrages).

Ces ouvrages hydrauliques contribuent aussi à la production de l’énergie électrique, a-t-elle dit, soulignant que ce secteur ouvert au secteur privé attire de plus en plus d’investisseurs.

Réagissant fermement contre la fausse interprétation donnée par certains média tendancieux à la destinée des barrages, Afailal a catégoriquement démenti que les barrages provoquent des inondations comme celles ayant frappé récemment certaines régions dans le sud du pays. Les barrages sont construits pour protéger contre les crues et inondations et non pour provoquer de tels phénomènes, a-t-elle martelé au cours de son exposé et dans une réponse à un journaliste, à qui elle a rappelé que le pays compte non seulement 40 sites exposés aux inondations mais 400 sites.

Sans l’existence de barrages dans les régions ayant connu des précipitions exceptionnelles cette année dans le sud du pays, cette catastrophe allait provoquer des dégâts humains et matériels beaucoup plus dramatiques, a-t-elle expliqué.

Abordant la réforme institutionnelle intervenue dans le secteur à travers la loi 10-95, la ministre a fait remarquer que le secteur de l’eau est le premier à avoir réussi à transférer des prérogatives du centre vers la région et à enregistrer une expérience très riche qui permet actuellement à nombre de bureaux d’étude et de sociétés marocains spécialisés d’aller travailler dans des pays africains et arabes.

Le PNE, une référence capitale de la politique de l’eau

Après avoir passé en revue une série de plans sectoriels et donné plus de détails sur la situation des eaux de surface et souterraines, elle a indiqué que le plan national de l’eau (PNE) est UNE REFERENCE capitale de la politique de l’eau poursuivie dans le pays et un COMPLEMENT de la stratégie nationale.

Il s’agit pour ce plan de trouver la réponse de savoir comment maitriser la demande nationale en eau pour combler le déficit existant et à venir en mettant en œuvre de nouvelles alternatives autres que celles traditionnellement connues et ce dans l’objectif de faire face au stress hydrique et d’accompagner tous les plans de développement en particulier le Plan Maroc vert, le Plan d’accélération industrielle et la Vision 2020 dans le domaine du tourisme, à travers le renforcement de l’offre en eau et la protection des ressources existantes en luttant notamment contre le gaspillage des eaux potables et d’irrigation.

Dans ce cadre, la ministre a donné de plus amples détails concernant les mesures visant la réduction des pertes, la construction de grands barrages et petites barrages et l’avancement des études portant sur l’éventuel transfert des eaux des régions enregistrant des excédents vers des régions déficitaires (du nord vers le centre et le sud) outre le dessalement des eaux des mer pour l’approvisionnement de la ville d’Agadir en eau potable et de la région de Chtouka Ait Baha en eaux d’irrigation.

Elle a passé aussi en revue les mesures prévues pour assurer l’équilibre au niveau des différents périmètres d’irrigation.

Quant au deuxième pilier du PNE, il porte sur la lutte contre la pollution et en particulier industrielle, la protection des eaux souterraines, a affirmé la ministre.

Pour ce qui est du coût global du PNE, il est estimé à 220 milliards de Dirhams dont 41% destinés à la gestion de la demande, 21% à la construction et l’entretien des barrages, et 13% au transfert des eaux d’une région à une autre. Quelque 7% de cette somme seront destinés au dessalement de l'eau de mer, qui constitue l'une des alternatives non traditionnelles inscrites au PNE, qui se veut une référence capitale de la politique hydrique au Maroc.

Les sources de financement de ce plan seront mobilisées aussi bien auprès du secteur public que privé, a-t-elle souligné.

Pas moins de 15 départements ministériels sont associés à l’élaboration du PNE, étant donné qu’il concerne non seulement un ministère mais également toutes les principales activités du pays.

 

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