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Hirondelle PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Mustapha Labraimi   
MIA est un lève-tôt. Dès que le firmament passe du noir au blanc, il est à pied d’œuvre. Cela lui permet d’observer des comportements que d’autres n’auront jamais le plaisir ou tout au moins l’occasion de voir. Ainsi, déjà il y a une année, il a constaté l’absence des martinets et des hirondelles aux environs de son domicile.

Ces oiseaux, sensibles au froid, marquent par leur présence la fin de l’hiver. Se nourrissant de mouches et de moustiques, ces Apodiformes et Passereaux jouent un rôle dans le confort du voisinage. Messagers du printemps qui s’annonce, ces oiseaux sont de plus en plus moins nombreux. Cette année, MIA a été encore plus alarmé à ce propos. Le décalage s’est prolongé encore plus de quelques jours.

Conséquences des changements climatiques qui se précisent et qui s’ajoutent à d’autres facteurs liés aux activités de l’homme et à l’urbanisation de plus en plus développée qui les accompagnent. Pollution, raréfaction de la nourriture, manque de matériaux (boue, brindilles) pour la construction des nids, troubles du succès de la reproduction, sont autant de facteurs qui font que l’horizon ne soit plus sillonné par ces oiseux adaptés à la vie aérienne. Bitume, inhospitalité des façades des immeubles modernes menacent ces nicheurs. Le risque de ne plus voir ces oiseaux se rassembler sur les lignes électriques avant leur migration est le moindre par rapports aux risques des phénomènes qui réduisent cette biodiversité.

L’aléa climatique a une incidence importante sur le développement socio-économique. Les destructions, les effets négatifs sur le moral des individus et des collectivités, l’existence elle-même se trouvant en danger; l’investissement se réduit. L’épuisement des ressources induit une incapacité à résister devant les catastrophes issues de la variabilité et du changement du climat et touche des secteurs tels que l’agriculture, les ressources hydriques, la sécurité alimentaire, la santé, l’environnement …

La gestion du risque climatique est devenue une priorité pour en diminuer les conséquences. Les négociations sur le climat à l’échelle mondiale ne sont pas faites pour envisager l’avenir de l’humanité, particulièrement les couches démunies parmi elle, avec optimisme et sérénité. Si leur échec pourrait s’inverser à la fin de cette année à Paris, alors le chômage pourrait suivre la même tendance dans le pays de «nos ancêtres les Gaulois»? Pour l’information écrite, l’orale semble périlleuse devant Faux & Co., il est à rappeler que les descendants de ces derniers (dans leur diversité) viennent enfin de fumer le calumet de la paix avec les descendants des «Sarazins» pour se rabibocher, retrouver la quiétude et les quotités de la croissance qui semblent leur revenir. C’est mauvais pour les Ibères qui doivent fournir un effort!

La pollution de l’atmosphère requiert autant de sérieux car elle influence gravement la santé humaine et aussi celle des hirondelles et des martinets entre autres occupants de l’environnement aérien. L’émission des gaz, de suspensions et autres déchets liés à la circulation automobile et à l’activité industrielle rend l’atmosphère irrespirable aux sens propre et figuré du terme. Améliorer la qualité de l’air (particulièrement dans les grandes agglomérations) est devenue une exigence. Cela nécessite la réglementation des émissions du secteur des transports, ainsi que ceux de l’agriculture et de la production d’énergie. A cet effet, des solutions durables doivent être mises en œuvre par les efforts conjugués des acteurs économiques, des corps élus et de la population.

Dans le même registre, l’Académie Hassan II des Sciences et des Techniques vient de tenir sa session plénière solennelle sous le thème des risques naturels. Les résultats assignés à cette assemblée savante dont les compagnons viennent d’horizons divers est de «répondre aux besoins sociétaux qui sont formulés au travers de normes, règles, circulaires mais aussi par le pouvoir politique». Ainsi si l’apparition des hirondelles et autres oiseaux migrateurs dans le ciel ont permis à MIA de faire part de son soulagement, il reste à nos gouvernants de relever ce véritable défi lié à la gestion des risques naturels en engageant les travaux de recherche nécessaires en amont et de sortir de l’inaction dont le coût économique est élevé; car tout retard dans l’action augmentera la charge à préserver des vies humaines et la biodiversité nécessaire à l’écosystème, à la sauvegarde des biens matériels et la préservation des infrastructures sociales et économiques.

Certes, une hirondelle ne fait pas le printemps; mais quand elle tarde à apparaître dans le ciel, c’est le froid qui persiste dans l’environnement, mais aussi dans les corps et dans les cœurs.

 

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