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Le RAMED compte déjà 8,4 Millions de bénéficiaires PDF Imprimer Envoyer
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Écrit par M’Barek Tafsi   

Le Pr Louardi au symposium international sur la couverture sanitaire

des populations en précarité


La stabilité et la durabilité du régime outre la pénurie en ressources humaines, principaux défis à relever

La création d’une instance spécialisée, condition sine qua non pour améliorer la gouvernance du RAMED
Jusqu’à fin Février 2015, l’effectif des bénéficiaires du Régime d’assistance médicale (RAMED), lancé en Mars 2012 par SM le Roi Mohammed VI, avoisine les 8,4 millions, représentant quelque 99 % de la cible totale de 8,5 millions de bénéficiaires, a affirmé, vendredi à Rabat, le PR El Houssaine Louardi, ministre de la santé.

Inaugurant un symposium international sur la couverture sanitaire des populations en précarité, placé sous le haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, Pr Louardi a précisé qu’une couverture à 100 % devrait être atteinte au plus tard d’ici la fin de l’année en cours.

Selon lui, la célébration du troisième anniversaire du RAMED offre l’occasion de faire le point de la situation de cette expérience marocaine typique pour en représenter tous les aspects ayant trait au ciblage, à l’accès aux soins, à la prise en charge et au financement et examiner  aussi les problèmes et contraintes qui entravent l’avancement le RAMED.

Il a noté dans cet ordre d’idées que la population bénéficiaire étiquetée comme «pauvre» représente 84% des bénéficiaires tandis que 16% seulement sont classés comme vulnérables (53% en milieu urbain et 47% en milieu rural.

Le RAMED fournit aux bénéficiaires un panier de soins et de services identique à celui de l’assurance maladie Obligatoire (AMO) comprenant des consultations médicales, des bilans, des interventions chirurgicales complexes dont des transplantions d’organes, des ALD, des ALC, a-t-il ajouté, rappelant que le gouvernement a mobilisé pour ce faire des ressources financières supplémentaires (Fonds de cohésion sociale).

Le ministre a en outre réaffirmé l’engagement du gouvernement à mettre en œuvre avec succès le RAMED comme porte d’entrée et étape décisive pour aller vers la réalisation de la couverture sanitaire universelle.

Pour ce qui le concerne, le ministère de la santé a entrepris dans le cadre de son plan d’action la mise à jour et l’adéquation de nombre de textes juridiques régulant le système de santé pour accompagner la réforme de la couverture médicale de base, a dit le ministre, précisant que ces textes ont porté essentiellement sur quatre lois réorganisant le professions médicales et paramédicales et quatre décrets relatifs respectivement à l’instauration du système « Licence-Master-Doctorat » (LMD), au niveau des Instituts supérieurs des professions infirmières et des techniques sanitaires (ISPITS) et au niveau de l’Ecole nationale de la santé publique (ENSP), à l’organisation de l’offre de soins, à la carte sanitaire et à la fixation du prix des médicaments, ce qui a permis des réductions allant de 20 à 80% des prix de plus de 1700 spécialités.

Dans le même contexte, le ministère s’est attelé à relever le défi de la proximité des services d’urgence des citoyens, y compris les bénéficiaires du RAMED soit en créant des unités fixes d’urgences médicales de proximité, soit en assurant le transport sanitaire terrestre ou aérien par hélicoptères médicalisés équipés, lequel transport a permis jusqu’à présent de secourir et de sauver de nombreuses cas en difficulté dans des zones montagneuses enclavées et d’accès impossible dans certains cas.

Le ministre a également noté que ces prestations de proximité ont été renforcées par l’acquisition d’un hôpital de campagne mobile moderne, opérant  actuellement à Boumia (Midelt), a-t-il ajouté, rappelant que plusieurs autres campagnes médicales (87) ont été organisées en 2014 au niveau de toutes les régions du pays.

Abordant les contraintes auxquelles le secteur est confronté, le ministre a clairement souligné que le principal obstacle entravant l’extension de l’offre de soins au profit des bénéficiaires du RAMED a trait à la PENURIE en ressources humaines et à la rareté de certaines spécialités, estimant que ce problème ne peut résolu qu’à travers la conjugaison des efforts de tous (ministère, partenaires sociaux et syndicats) et le renforcement du partenariat public-privé conformément au décret relatif aux contrats entre eux en attendant l’application du décret sur l’organisation de l’offre de soins et de la carte sanitaire, sensé apporter des correctifs aux dysfonctionnement liés à la mauvaise répartition des ressources humaines.

Et le professeur Louardi de soulever la question épineuse de savoir comment assurer au RAMED et à la couverture médicale de base la stabilité et la  durabilité requises, sachant que la loi 65-00 instituant le code de couverture médicale de base a certes engagé l’Etat, les collectivités locales et les établissements publics à mobiliser les ressources et moyens financiers nécessaires pour assurer aux citoyens l’égalité dans l’accès aux soins, au droit à la santé et à la protection sociale.

C’est pourquoi, il est difficile d’affirmer à présent, c'est-à-dire trois ans après son lancement, que le RAMED a réussi dans sa mission de fournir et d’améliorer les prestations initialement prévues au profit des bénéficiaires, a-t-il dit, soulignant que nul ne peut nier toutefois que ce système, qui est à ses débuts, n’a pas prodigué des services et prestations vitaux au profit de centaines de milliers de citoyens pauvres et vulnérables .

C’est pourquoi, il est demandé à tous de repenser la vision et la méthode de travail poursuivies pour rechercher des solutions à toutes les questions que soulèvent le ciblage, la prise en charge, le financement et la gouvernance du RAMED, selon PR Louardi, qui a insisté dans ce cadre sur l’importance de la création d’une instance spécifique pour gérer le régime, d’en ajuster le financement et de généraliser le système de facturation dans les hôpitaux publics, qui ne reflètent pas la véritable ampleur du coût des soins.

Maîtriser le montage financier du RAMED

Pour sa part le ministre délégué chargé budget, Driss El Azami El Idrissi, a insisté surtout l’augmentation des crédits alloués au RAMED et la porté du Fonds de cohésion sociale créé dans le but de venir en aide aux couches pauvres et dans le besoin non seulement en matière de santé, mais également dans le domaine de la scolarisation de leurs enfants sans oublier les personnes souffrant de handicap.

Il a souligné aussi la nécessité pour les pouvoirs publics de maitriser le montage financier destiné au RAMED dans le but d’assurer au régime la pérennité et la stabilité requises en attendant de lui permettre d’atteindre l’équilibre escompté.

Pour sa part, le secrétaire général du ministère de l’Intérieur, Noureddine Boutaib a rappelé les efforts déployés au niveau de son département, qui a mobilisé toutes les ressources existantes et procédé à la qualification du personnel requis aux niveaux locales, régional et central affecté dans les unités créées pour traiter des demandes présentées par les candidats à bénéficier du RAMED.

Pour ce faire, plusieurs mesures ont été prises dans le but de faciliter aux populations d’accéder à l’information, de vérifier la véracité des documents et des renseignements qu’ils contiennent, a-t-il rappelé, notant que son département a conclu dans ce cadre une convention avec CNOPS pour éviter aux demandeurs de bénéficier de deux régimes.

Il a fait état aussi des efforts financiers des collectivités territoriales et des mesures prises pour renforcer davantage toutes les chances de succès de ce chantier d’envergure.

Ont également pris la parole au cours de cette séance inaugurale nombre de partenaires de ce régime dont la Banque mondiale, l’organisation mondiale de la santé et la banque africaine de développement, dont les représentants ont réaffirmé la disponibilité de leurs organisations respectives à accompagner cette œuvre d’envergure au Maroc.

Pas moins de Cinq séances plénières et quatre panels sont programmés au  cours de ce symposium international pour débattre des expériences de la Turquie, du Brésil, de la Thaïlande et du Mexique, qui sont très avancées dans la couverture sanitaire des populations en précarité. D’autres expériences seront également partagées, notamment, celles de l’Egypte, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, de l’Inde et des Philippines.

Participent en effet à cet événement des membres du gouvernement, des députés, des représentants de la Coopération internationale et des partenaires techniques et financiers du Maroc pour la mise en place de la couverture médicale de base ainsi que des ministres de la santé de pays amis et, soit au total près de 800 participants représentant 30 pays.

 

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