journal albayane

«Un 3e tome, à paraître en 2016, portera sur la fin du champ colonial de 1945 à 1961» PDF Imprimer Envoyer
Point de vue
Écrit par Mohamed Nait Youssef   

Entretien  avec Guillaume Jobin autour de son livre «Mohamed V, le Sultan»

L’écrivain et président de l’Ecole supérieure de journalisme de Paris, Guillaume Jobin, a présenté, mercredi 25  mars à la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc (BNRM), son dernier livre intitulé «Mohamed V, le Sultan», paru récemment  aux Editions Magellan & Cie. Ce livre, souligne l'écrivain, est le deuxième  tome de sa trilogie d’histoire de la France au Maroc, faisant suite à «Lyautey, le Résident», paru en janvier 2014.

Al Bayane : Après avoir publié un premier essai intitulé «Lyautey, le Résident», paru en janvier 2014, vous venez de publier un autre essai portant le titre: «Mohamed V, le Sultan» en 2015. Y a-t-il un fil conducteur entre les deux ?

Guillaume Jobin : Le fil conducteur de mes deux livres est double. C’est d’abord le temps et puis le Maroc. «Lyautey le résident» porte sur la période 1905-1925 des relations entre la France et le Royaume. «Mohamed V» est consacré à la période suivante de 1925 à 1945. Un troisième tome, à paraître en 2016, portera sur la fin du champ colonial, de 1945 à 1961.

Pourquoi un essai sur Mohamed V  ?

Le personnage central de mon livre s’est révélé être Mohamed V. Ce n’était pas un choix initial de faire une biographie sur ce grand Sultan, devenu un grand Roi, mais après Lyautey sur la période précédente, c’est Mohamed Ben Youssef qui s’est dégagé naturellement comme «héros» central des relations franco-marocaines. Mohamed V, dans un sens, appartient aussi à l’Histoire de France, comme le remarqua De Gaulle en le décorant Compagnon de la Libération en 1945.

Deux essais sur deux figures ayant marqué l’histoire contemporaine du Maroc. D’où  vous est venue cette passion pour l’Histoire ? Pensez-vous  qu’on a assez d’écrits et d’écrivains qui ont écrit sur notre histoire ?

Mon père était passionné de géographie, suivant l’origine du café au Yémen, alors j’ai pris très jeune une passion pour le champ voisin et complémentaire qui est l’Histoire. Partout où je passe, j’essaye de comprendre ce qui s’y est passé, du Caire à Saigon en passant par Damas. Quand je suis arrivé au Maroc (en 2008), j’ai voulu comprendre comment cette société singulière, si hiérarchisée comme la Grande-Bretagne et si ancienne, comme la France, avait réussi à entremêler des éléments chérifiens propres et des racines de cultures arabe, hispanique et française.

Comment le lecteur marocain et étranger a accueilli votre dernier livre ?

Le lecteur du Maroc (marocain et français) et le lecteur de France (français ou marocain) ont pris mes deux livres de façon différente. En France, l’Histoire, c’est aujourd’hui un prétexte à faire des polémiques stériles de politique actuelle, au sens large du mot. Au Maroc, je sens dans ce lectorat très composite et de tous âges, un vif désir de connaître le passé, surtout le passé récent. «Lyautey, le Résident» est probablement le succès de l’année en librairies au Maroc; «Mohamed V, le Sultan» semble suivre le même chemin, sans faire autant de bruit. Il est certain que quelques-uns sont surpris qu’un Français écrive sur un Roi du Maroc, mais il y a eu si peu de livres parlant de lui !

Pourquoi vous écrivez Mohamed V avec seul «M» ? C’est un «lapsus» ou bien un choix voulu ?

C’est la question piège ! L’actuel Souverain a décidé, parait-il, de faire transcrire son nom avec deux «M», plus proche de sa prononciation en arabe. Mais en France, pendant la période coloniale, pourtant très arabisante chez les militaires et les universitaires, l’usage était et est resté de l’écrire ainsi, «Mohamed» avec un seul «M»; c’est ainsi que le Sultan est nommé dans les rapports officiels du Protectorat et de la République française.

 

A propos

Moment politique fort Moment politique fort La rencontre consultative qui a réuni le weekend  dern...

Parlons en

Sahara marocain : la rage folle d’Alger Sahara marocain : la rage folle d’Alger Le régime algérien est décidément entré dans une rage...

Ainsi va l'Afrique

Le Bouteflika burundais Le Bouteflika burundais actuel  président du Burundi s’entête toujours à vouloir violer, coûte que coûte, la Constitution de son pays. Il a ainsi décidé de se repr...

chroniques

Tayeb et sa société «mémorable» Tayeb et sa société «mémorable» Il est artiste par amour pour les autres, pour l’Autre...

Autrement dit

Interview

Journaliste et écrivain, une dualité passionnelle Journaliste et écrivain, une dualité passionnelle Peut-on différencier l’écriture en fonction de l’a...

Eclairage

L’unité de la pensée et de l’action L’unité de la pensée et de l’action Entre l’intellectuel et l’idéologue qu’il était,...

Point de vue

Le sens des responsabilités doit constamment primer Le sens des responsabilités doit constamment primer Khalid Naciri fait le point sur la situation politique gén...

Hors champ

Le travelling…une affaire de morale Le travelling…une affaire de morale Ethique et esthétique «Le réel doit être fictionn...

Amicalement votre

BREXIT : Et Si la Grande Bretagne quittait l'UE? BREXIT : Et Si la Grande Bretagne quittait l'UE? Dans quelques semaines, 65 millions de britanniques vote...

A vrai dire

Intellectuels, réveillez-vous! Intellectuels, réveillez-vous! Devant les signes de toute crise, un discours de pondér...