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3e conférence internationale des donateurs pour la Syrie PDF Imprimer Envoyer
Actualités
Écrit par Mahtat Rakas   

Le Koweït fait un don de 500 millions dollars et son émir qualifie la situation en Syrie de plus grande catastrophe dans l’histoire de l’humanité.

Salaheddine Mezouar : Le Maroc prêtera toujours main forte au peuple syrien en attendant une solution politique à la crise syrienne

Ban Ki-moon exprime sa déception devant  l’échec de la communauté internationale

La troisième conférence internationale des donateurs pour la Syrie a démarré lundi matin au Palais Bayan dans la capitale Koweït qui abrite cet événement pour la troisième fois consécutive, après 2013 et 2014.  Environ 78 Etats et 40 organisations internationales prennent part à cette rencontre, dont le Maroc représenté par  Salaheddine Mezouar, ministre des Affaires étrangères et de la coopération, qui devrait prononcer un discours au nom du Royaume dans l’après-midi. La séance inaugurale a été présidée par l’émir du Koweït, Sheikh Sabah al-Ahmad al-Jaber al-Sabah, et ce en présence du secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-moon, qui s’est chargé de diriger les travaux du Congrès.

Dans son allocution, le ministre marocain a rappelé que le Royaume a opté, à la fois, pour l’aide humanitaire urgente, notamment par  l’octroi de  4 millions de dollars versés, l’année dernière, aux instances onusiennes compétentes, et le soutien humanitaire permanent afin d’alléger les souffrances du peuple syrien, via la mise en place d’un hôpital  poly-disciplinaire dans le Royaume de la Jordanie au camp Zaâtari, initié suite aux hautes instructions de SM le Roi Mohammed VI. Cette structure médicale offre actuellement des prestations, traitement et préventions, régulières à des milliers de réfugies syriens.

Mezouar a souligné au terme de son discours, que le Maroc ne va pas tarder à mobiliser tous les moyens d’aide humanitaire et continuer à prêter main forte au peuple syrien frère.  Et de souligner que le Royaume du Maroc ne manégera aucun efforts pour trouver une solution politique à la crise syrienne.

Le chef de la diplomatie marocaine a indiqué dans ce sens que si la communauté internationale est pour le moment incapable à trouver une solution pacifique au conflit syrien, il faut au moins que tout le monde œuvre pour alléger les souffrances du peuple syrien, chacun selon ses moyens et sa façon, ainsi que la manière dont il l’entend.

Dans son allocution, l’émir du Koweït s’est engagé à faire un don de 500 millions de dollars. «J'ai le plaisir de vous annoncer un engagement à hauteur de 500 millions de dollars du gouvernement du Koweït et des associations de la société civile pour soutenir les efforts humanitaires en Syrie», a déclaré en substance le chef de l’Etat koweïtien, soit l’équivalent de ce qui a été déjà accordé par son pays lors de la deuxième conférence. Et d’ajouter : «Nous sommes réunis ici pour répondre à la plus grande catastrophe humanitaire de l'histoire moderne», tout en mettant l’accent sur le fait que la destruction est devenue aujourd’hui monnaie courante dans toutes les régions de la Syrie, sans distinction.

En procédant à un diagnostic de la situation en Syrie, Sheikh Sabah al-Ahmad al-Jaber al-Sabah a indiqué que la catastrophe syrienne a fait plus de 210.000 morts et 12 millions de personnes qui ont fui leur foyer. De même que l’économie de ce pays est devenue exsangue. Chiffres à l’appui, le dirigeant koweïtien a souligné que l’économie syrienne a enregistrée une perte estimée à 200 milliards de dollars, le taux de chômage ne cesse de connaitre une montée vertigineuse, avoisinant la barre de 57%, alors que la moyenne d’âge de la population a connu une baisse sensible en s’établissant à 55 ans. Bref, tous les indicateurs économiques sont au rouge, a-t-il laissé entendre. A cela s’ajoute également la montée de la pauvreté parmi la population,  qui a occasionné près de 4 millions de réfugiés et déplacés, soit le plus grand nombre de réfugiés dans le monde.

De son côté, le secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-moon, s’est déclaré honteux dans son discours d’ouverture, ne cachant point sa frustration voire sa déception devant l’échec de la communauté internationale à mettre un terme au carnage en Syrie. «Le peuple syrien vit la crise la plus grave dans son histoire», a-t-il martelé, et qu’il a besoin  «non seulement de solidarité, mais d’appui tangible», a-t-il ajouté.

Par ailleurs, le secrétaire général onusien a exprimé, au nom des Nations-Unies, sa haute considération à l’émir du Koweït pour sa générosité et son leadership en matière de l’action humanitaire, tout en louant aussi le courage et multiples efforts déployés par toutes les personnes qui œuvrent dans le cadre des programmes et des missions humanitaires pilotés par les Nations-Unies. Faisant allusion aux divers indicateurs de la catastrophe humanitaire, Ban Ki-moon a exhorté les participants à s’impliquer massivement pour venir en aide au peuple syrien tout en réitérant son appel pour trouver une solution politique définitive, mettant un terme une fois pour toute au conflit syrien. «Le peuple syrien compte amplement sur nous et nous devons agir pour venir à son aide», a-t-il souligné.

Après les allocutions de Valerie Amos, secrétaire générale adjointe pour les Affaires humanitaires de l'ONU, António Guterres,  Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés, et Helen Clark, administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement, il a été procédé à la projection d’un film documentaire sur les priorités et les besoins de financement.

Après, et avant de reprendre les travaux, les congressistes ont suivi avec beaucoup d’intérêt la chanson «message de la paix», interprétée par l’enfant Farah Al Maadouf.

Le clôture du congrès devrait avoir lieu hier soir, en annonçant hier sen particulier les engagements et les montants  versés par les donateurs.

 

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