| Les nécessaires chantiers d’accompagnement de la réforme : Le mal de la corruption |
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| Écrit par AL BAYANE |
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L’élan de réforme, qui mobilise actuellement toutes les composantes des sociétés politique et civile, ne saurait se détourner de son objectif principal : donner au Maroc les moyens de réussir sa transition tranquille vers une société démocratique, moderne et solidaire.
La logique de la réforme, telle que déclinée dans le discours royal du 9 mars 2011, ouvre de nouvelles perspectives à la participation politique citoyenne plurielle sans exclusive. Elle permet un recentrage des mécanismes de bonne gouvernance, en se focalisant sur la finalisation et l’accompagnement des autres chantiers de réformes intervenus depuis plus d’une décennie. Le PPS n’a eu de cesse d’appeler à l’éradication d’un certain nombre de phénomènes qui sévissent dans la gestion de la chose publique. Ces phénomènes finissent par travestir justement toute volonté de réforme. Nous citerons, à titre d’exemple, le mal de la corruption. La lutte contre cette gangrène socioéconomique a fait l’objet de nombreuses initiatives dont celle de «la moralisation de la vie publique». Une initiative restée le plus souvent au niveau de la déclaration d’intention et des effets d’annonce. La mise en place de l’Instance Centrale de Prévention de la Corruption a été saluée, en son temps, comme une initiative opportune devant apporter l’énergie nécessaire à l’éradication progressive de ce mal. Toutes les initiatives inscrites dans ce sens n’arrivent pas à avoir la force nécessaire afin d’enclencher la machine anti-corruption au niveau de tous les étages de la société. L’ICPC, avec tout le volontarisme et la bonne foi dont elle fait montre, ne peut, à elle seule et le cadre de ses prérogatives actuelles, conduire ce lourd chantier. Il revient au pouvoir exécutif de rendre plus saillante sa ferme volonté d’extraire les racines du mal en amont de tous les processus décisionnels. Or, de la petite corruption à la grande, il y a des acteurs actifs. La campagne globale de lutte contre ce phénomène, devant intervenir sans attendre, devra nécessairement identifier ces acteurs, quels que soient leur position et leurs rangs. Il faudra aussi inscrire cette lutte dans le cadre d’une démarche globale de communication grand public, en intégrant l’école comme espace d’éducation de base. Les niches de la corruption sont nombreuses et complexes. Elles permettent à ceux qui la pratiquent de se soustraire à tout contrôle et à toute sanction. Le cas des marchés publics est le plus flagrant. Les nouveaux textes régissant l’octroi de ces marchés, malgré leur affinement, n’arrivent pas encore à rendre transparent ce processus. Il s’agit ici d’une dilapidation des deniers publics et une hémorragie qui saigne l’économie marocaine. Cette lutte ne pourra aspirer à l’efficience si le gouvernement ne donne pas de signaux forts dans le sens de l’éradication de toutes les opportunités susceptibles de favoriser l’enracinement de la corruption. Un signal aussi fort devra également être donné en montrant de manière tangible que l’ère de l’impunité est révolue. La reddition des comptes devra être la règle de base dans l’appréciation de tout acte de gestion. |