| L’agenda politique |
|
|
|
| Écrit par Par Driss Aissaoui |
|
Or, ces jours-ci on assiste et l’opinion publique aussi à des phénomènes que l’on peut difficilement qualifier d’actes politiques. Le fait que la Jamaa Al Adl Walihssane et certains activistes de la gauche radicale squattent l’espace de contestation, ouvert inopinément par les jeunes du 20 février, laisse perplexe. Le fait que ces individus portent leurs manifestations au cœur des quartiers populaires procède d’une tactique bien évidente. Ils essayent de faire en sorte que le feu sous la paille puisse prendre au sein même des couches sociales les plus défavorisées comptant, bien entendu, sur l’effet de colère de la rue qui devrait en principe enclencher un malaise social plus accentué. Il semble à l’évidence que cette greffe n’a pas pris. Les réactions spontanées dans ces quartiers expriment le refus de se laisser traiter comme des «moutons de Panurge». Au contraire, ces citoyens ont dit leur opposition à ceux qui veulent confisquer leur droit à l’expression, d’autant plus qu’ils n’ont aucune idée précise sur les desseins de ces gens qui excellent dans l’art de pêcher dans les eaux troubles. Ceux qui appellent à la Qaouma, (insurrection) ou à la théorie nihiliste de la table-rase n’ont pour eux que leur capacité à faire de la provocation gratuite. Que nous proposent ces gens ? Rien de bien tangible si ce n’est des scénarii à la tunisienne ou à l’égyptienne où la rue devient le seul espace de régulation et de déploiement des contradictions et de façonnement de projets aussi incertains et dangereux que les autres. Si la dynamique du printemps arabe a eu pour mérite d’impulser des changements vertueux en termes de recomposition de la donne politique et de lancement de réformes salutaires pour ces pays, il n’est pas dit que l’on doive tout mettre à terre et repartir ex-nihilo vers l’inconnu. La nation marocaine a connu un cheminement laborieux de construction patiente d’un modèle de société qui a la capacité de gérer les différences et la diversité. Un chantier appelé à évoluer et interagir avec les transformations profondes qui se font autour de nous. Cette construction ne peut se faire que dans la mesure où les acteurs de la société civile et politique se réapproprient les mécanismes de fécondation de la chose politique. Il leur revient, surtout, d’aborder cette tâche historique avec la volonté de couper avec les pratiques du passé qui ont contribué à avilir la perception et l’image de l’espace politique et de ses acteurs. Pour cela, il faut une grande capacité d’écoute et un agenda politique clair et précis. |