Stress hydrique en mars et avril et sous-utilisation des intrants Imprimer
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Écrit par Fairouz El Mouden   

La campagne agricole reste pénalisée


Les rendements des cultures céréalières, sucrières et légumineuses et des huiles seront toujours pénalisés tant que les semences certifiées, les engrais, les pesticides sont sous-utilisés. Les pronostics d’une très bonne année agricole ou de production record 2014/2015 restent totalement écartés. Les scénarios les plus optimistes tablent sur une campagne moyenne à relativement bonne. Pour cela il faut que la consistance  des pluies de ce mois de mars puis d’avril soit très élevée, notamment dans les régions Bour.

L’absence des précipitations pendant ce mois de mars (sa première moitié) commence à semer l’inquiétude dans les rangs des agriculteurs. Les différentes cultures ont amorcé la fin du leur cycle. Une  période critique qui  nécessite une  bonne quantité de pluies pour la formation des graines, des fleurs et des fruits. Les prévisions météorologiques annoncent l’arrivée des précipitations à partir de cette semaine, mais de faible  densité. Or, indique Abbas Tanji, chercheur agronome, durant ces deux mois (mars et avril) on à besoin des niveaux de pluies situées entre 50 et 100 mm pour avoir un bon rendement. Du coup, dit-il, l’état d’avancement actuel de la campagne agricole présente un stress hydrique et les attentes restent totalement braquées sur les pluies à venir.
De l’avis de notre interlocuteur, de grandes surfaces, soit plus de 7 millions d’hectares, restent à la merci de la clémence du ciel. Tanji précise que, valeur aujourd’hui, les semis précoces de novembre se portent relativement bien par rapport aux semis tardifs du mois de décembre et janvier. Et d’ajouter que les végétations dans les parcours ne sont pas suffisantes à cause du froid qui a prévalu pendant les mois de janvier et février.

Aussi, malgré la hausse du niveau de commercialisation des différents intrants agricoles annoncée par le ministère de l’Agriculture (1,45 million de quintaux ont été commercialisés, soit une  hausse annuelle de 12 %),  l’utilisation des semences certifiées est toujours inférieure aux normes recommandées par la recherche agronomique. Ce chercheur agronome explique cette sous utilisation des intrants qui pénalise la production par la faiblesse de l’encadrement et la cherté de leur  coût. Il rappelle dans ce sens que la recherche agronomique propose des pistes pour atteindre une grande efficience du sol. Il s’agit de développer les techniques des semis-directs sans labour, de la multiplication des variétés résistantes à la sécheresse et d’une bonne utilisation des intrants agricoles.

Compte tenu des conditions climatiques actuelles, il est toujours précoce d’annoncer des chiffres. Dans tous les cas, les prévisions parlent d’une campagne agricole moyenne autour de 60 à 70 millions de quintaux. La probabilité  d’une production céréalière record reste éloignée et ce même avec une bonne pluviométrie durant les jours qui viennent. Les rendements seront variables selon les régions et la catégorie des agriculteurs. Les disparités dans la production varieront également selon le degré de technicité des fellahs et des moyens financiers dont ils disposent.

Stocks suffisants dans les barrages

Le taux global de remplissage des barrages à usage agricole est de 78% contre 72% lors de la campagne précédente à la même date, annonce le ministère de l’agriculture. Les zones de barrages disposent ainsi de stocks suffisants pour couvrir les besoins d’irrigation de la campagne actuelle et sécuriser au minimum deux autres campagnes agricoles.