Charafat : L’eau, une richesse qu’on ne peut industrialiser Imprimer
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Écrit par Danielle Engolo   

Journée mondiale de l’eau


A l’instar d’autres pays, le Maroc a célébré dimanche 22 mars, la journée mondiale de l’eau placée sous le thème «L’eau et le développement durable». L’occasion de revenir sur la problématique de la gestion du secteur hydrique au Maroc qui a fait, notamment l’objet d’une mise en garde du Conseil économique, social et environnemental (CESE) en 2013, appelant à la nécessité d’un partage de cette ressource naturelle entre les usages domestique, agricole et industriel.

Le Maroc présente certains signes de vulnérabilité au changement climatique, particulièrement dans la région semi-aride de l’oriental. Les précipitations dans cette région ont baissé de 10 à 20 mm par rapport à la moyenne durant la période 1960-1990. En outre, la problématique de l’épuration des eaux usées demeure une gageure parmi tant d’autres. Contactée par Al Bayane, Charafat Afailal, ministre déléguée chargée de l’eau estime qu’«il est temps que la problématique de l’eau soit appropriée de manière sérieuse par les pouvoirs publics, surtout que le Maroc doit faire face à de nombreux défis, comme la sécheresse et le changement climatique qui est inévitable. » Concernant la problématique de l’eau,  aucune place ne doit être faite aux polémiques politiques, avertit la ministre. «Il faut asseoir une politique de gestion de l’eau. L’eau est une question qui concerne tout le monde et il en va de la stabilité politique, sociale et économique du pays. C’est une richesse qu’on ne peut industrialiser, mais qu’il faut gérer grâce à une politique efficace».

Dans l’objectif d’améliorer la gestion du secteur hydrique, le Maroc s’est doté d’un Plan national de l’eau (PNE) qui a été validé le 30 avril 2014 au cours de la 6e réunion du comité permanent du Conseil supérieur de l’eau et du climat (CSEC), après 3 ans de discussions. Les principaux axes de ce projet qui s’étale jusqu’en 2030, concernent premièrement  la gestion de la demande et la valorisation des ressources en eau grâce à la maitrise de la demande en eau, la réduction des pertes d’eau et l’amélioration des efficiences. Le 2e axe s’articule autour de la gestion et du développement de l’offre à travers la mobilisation des eaux de surface par les grands barrages. Le 3e axe quant à lui est relatif à la protection des ressources en eau et du milieu naturel et l’adaptation aux changements climatiques. Présenté en février 2015 au chef du gouvernement, le PNE devra être validé de manière définitive à la 10e session du CSEC, dont la date sera déterminée incessamment. Pour la ministre, il n’est pas uniquement question de l’adoption du PNE, mais surtout de l’offre nécessaire pour la mise en place du projet. «Il faut agir immédiatement pour ne pas se retrouver dans la même situation que de nombreux autres dossiers comme la caisse marocaine des retraites ou la caisse de compensation», souligne Charafat Afailal.  En matière de gouvernance des ressources hydriques, le projet de révision de la loi 10.95 sur l’eau est «presque finalisé» et sera soumis prochainement au secrétariat général du gouvernement en vue de réformer le cadre institutionnel et juridique régissant ce secteur.