Miloudi Moukharik : «Le dialogue social est une option stratégique pour l’UM» Imprimer
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Écrit par Khalid Darfaf   

11 e Congrès national de l’UMT


«Le dialogue sociale est une option stratégique pour notre organisation syndicale», a affirmé, vendredi 20 mars,  Miloudi Moukharik, secrétaire général de l’Union marocaine du travail (UMT) à l’occasion du 11 e congrès national du syndicat.

Placé sous le signe «Notre combat unitaire et revitalisé se poursuit  pour une société de liberté, de démocratie et de justice sociale», ce congrès qui commémore d’ailleurs, le 60e anniversaire de la création de l’UMT a été marqué par la présence de toutes les familles politiques marocaines sans exception et la participation de plus de 62 délégations venant de tous les coins du monde.  Comme à l’accoutumée,  le Parti du progrès et du socialisme (PPS) a répondu présent à travers une délégation de haut niveau conduite par le secrétaire général, Mohamed Nabil Benabdellah, qui été accompagné par Ismaël Alaoui, Khalid Naciri, Abdelouahed Souhaïl, Houcine El Ouardi et des membres du comité central du PPS…

Le dialogue social, un choix stratégique

En présentant le rapport général  retraçant le bilan les 4 ans de son mandant et les perspectives de l’action syndicale dans les années à venir, le numéro Un du syndicat de l’UMT a tenu de confirmer son attachement au dialogue social en tant que choix stratégique pour l’UMT. «Notre syndicat considère que les négociations et  les consultations tripartites est la solution pertinente pour réguler les relations professionnelles et ce dans le cadre d’un véritable partenariat qui profite aux intérêts communs de toutes les parties», a affirmé en substance Miloudi Moukharik. Et d’ajouter, «cela va nous permettre de faire fi des réalités extérieurs et gagner en qualité et en productivité…  Autrement dit, la mise en place d’un tel processus et seul capable de réaliser un certain équilibre entre le développement économique et le développement social. Ainsi, l’intervenant a insisté sur l’importance de privilégier la culture du dialogue comme moyen rationnel de gestion des conflits et renforcer l’esprit de la coopération et du consensus. Cela requiert, seulement, l’existence d’une de la bonne intention voire une volonté politique convergente auprès de toutes les parties… loin des dialogues formelles, a-t-il martelé. Pour ce faire, Moukharik a appelé au respect des libertés syndicales, notamment celle relative au droit de la grève. « Il n’a y pas d’action syndicale sans libertés syndicales».  Chiffres à l’appui,  le secrétaire général de l’UMT a affirmé que 62% des conflits de travail sont souvent le résultat du non respect du Code du travail par le patronat.

Mettre fin à l’économie de rente

Sur le registre de l’économie, Moukharik a appelé à l’instauration d’un modèle économique où la fraude fiscale, le népotisme et la rente n’ont plus de place. Arguments à l’appui, entre 1999 et 2012, la moyenne du taux de croissance n’a pas dépassé les 4,21%. En plus, cette croissance n’a profité qu’à une minorité, creusant conséquent un écart abyssal entre les nantis et les classes moyennes et défavorisées.  Il est temps, a-t-il souligné, de réfléchir sur un modèle économique qui valorise l’innovation, la bonne gouvernance, la solidarité et la corrélation entre responsabilité et reddition des comptes. Bref, le constat actuel de la situation économique et sociale du pays est alarmant et laisse à désirer, vu la courbe du chômage qui ne cesse de s’accroitre.  A l’en croire,  plus de 2 millions de Marocains pataugent dans les affres du chômage, sans oublier 220.000 diplômés qui viennent grossir annuellement les rangs des chômeurs.  Et ce n’est pas tout.  Dressant un diagnostic de la situation économique marocaine, Moukharik a fait savoir que presque 10 millions de Marocains vivent dans la précarité et que le secteur informel représente 14% du PNB. De même, 38% des postes du travail, et environ 60% des salariés, soit un salarié sur trois, ne disposent pas d’un contrat de travail. Pire encore, ce pourcentage connait une proportion alarmante dans les secteurs de l’agriculture, de la pêche et la forêt, atteignant parfois 91,6%. S’agissant de la couverture médicale,  le secrétaire général de l’UMT a indiqué que huit employés sur 10% sont privés de la couverture médicale ou sociale, soit 79%, dont 58,2% dans le milieu urbain. Pour le leader de l’UMT, la situation actuelle dont le Maroc a hérité est certainement due en grande partie au diktat des instances monétaires et financières internationale et aux politiques gouvernementales ponctuées par un management situationnel, qui ne s’attaque pas aux véritables problèmes.

Moukharik reconduit à l’unanimité  pour un nouveau mandat

Le secrétaire général sortant de l’UMT, Miloudi Moukharik, a été reconduit pour un nouveau mandat, au terme du 11 e congrès national de l’UMT. Moukharik a été réélu à l’unanimité par les congressistes  à une heure tardive dans la nuit de samedi à dimanche. Le Congrès a également renouvelé les instances de l’organisation syndicale en élisant les membres du secrétariat national s’élevant à 15 membres et les 23 membres du bureau national. Par ailleurs, le nombre des mambres de la commission administrative a été revu à la hausse, passant de 160 à 332 membres.