Jettou livre sa vision devant les députés Imprimer
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Écrit par Fayrouz El Mouden   

Réforme des régimes de retraite


La question de la réforme des régimes de retraite au Maroc relève de l’extrême urgence. Chaque jour passé sans réforme coûte 60 millions de dirhams pour l’Etat. L’équation, équilibre financier et sauvetage des différents régimes combinés à l’obligation de préserver les pensions des retraités à la fin de la vie active semble aujourd’hui très compliquée.

Le président de la Cour des comptes a présenté la feuille de route pour la réforme de tout le système des retraites au Maroc. Le modèle proposé par Driss Jettou recommande le prolongement de l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans sur une période de 10 ans. De même qu’il soutient l’idée d’une base de calcul de la pension sur la moyenne des dix dernières années d’activité au lieu de 5 ans.

Driss Jettou, président de la Cour des Comptes a présenté la semaine dernière devant les députés sa vision pour une meilleure réforme de la retraite au Maroc. L’étude effectuée par les magistrats de la Cour des Comptes engage plusieurs pistes de réforme des différents régimes. Il s’agit pour le cas de la CMR (Caisse marocaine de Retraite) ou encore de la RCAR de relever l’âge de départ à la retraite à 65 ans sur une période de 10 ans. Pour cela il faut autoriser les cotisants à prolonger la durée d’activité pour pouvoir toucher une pension plus importante. L’autre proposition émise par Driss Jettou devant la première chambre renvoie à la révision de la base de calcul des pensions pour retenir une moyenne calculée sur les dix dernières années au lieu 5 ans pour le cas de la CMR. Jettou rappelle dans ce sens que la moyenne de la base de calcul de la pension est celle des 8 dernières années pour la CNSS, alors que dans le cas du RCAR elle correspond à celle de la carrière. La vision de Jettou propose également l’augmentation du taux de cotisation pour le porter à 30% dont 24% pour le régime basé sur la répartition. Les 6% devront relever du régime complémentaire à part égale entre l’employé et l’employeur. La réforme paramétrique permettrait selon les recommandations de la Cour des comptes à maintenir les pensions à leur niveau actuel en bénéficiant de l’abattement fiscal et en préservant le pouvoir d’achat du cotisant.

Cette réforme paramétrique assurera la pérennité du régime des pensions civiles à l’an 2029  et la réduction de leur taux d’endettement à hauteur de 60% d’ici à l’année 2060. L’idée est de consacrer l’homogénéité des deux caisses CMR et RCAR pour créer in fine un seul pôle public

Concernant la CNSS, les recommandations de la Cour des Comptes s’articulent autour du maintien de l’âge de départ à la retraite à 60 ans avec l’option pour les adhérents de choisir de le prolonger jusqu'à 65 ans. Cette option augmentera le plafond des pensions à 75% contre 70% pour ceux qui se limitent à l’âge de 60 ans. Sur ce même registre, la Cour propose de relever de manière progressive et sur une durée de 10 ans le nombre de jours obligatoire à 4.320 au lieu de 3.200 actuellement en vigueur pour pouvoir bénéficier de 50% des droits. Ces scénarios garantiront la pérennité du régime de la CNSS à l’horizon 2050 et permettront de créer un pôle dit privé qui regroupe les salariés du secteur privé.

Pour le gouvernement la réforme des retraites doit et devra être adoptée à la fin l’année 2015 et mise en œuvre début janvier 2016. Reste à savoir quelle formule sera proposée aux syndicats et aux partenaires sociaux pour boucler la boucle.