Accord sur une force arabe commune pour contrer le terrorisme Imprimer
Actualités
Écrit par M.O. Boah   

En attendant le prochain sommet arabe au Maroc


Au moment où une coalition militaire de dix pays arabes est déjà à pied d’œuvre au Yémen, depuis jeudi dernier, pour rétablir la légitimité dans ce pays, les 21 chefs d’Etats arabes et leurs représentants (la Syrie était le seul pays absent) réunis le week-end dernier dans la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh, sont finalement tombés d’accord sur le principe de la création d’une force arabe commune pour faire face au péril terroriste, devenu de plus en plus menaçant.

L’annonce de cet accord a été faite par le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Quels seront les objectifs de cette force ? Ses moyens et sa composition ? Comment fonctionnera-t-elle et où sera basé son commandement unifié ? Autant de questions que les chefs d’Etat arabes se sont engagés à leur apporter des réponses. En effet selon la résolution adoptée à l’issue de sommet, «le secrétaire général de la Ligue arabe, en coordination avec le président Sissi, invitera une délégation de responsables sous la supervision des chefs d'état-major des pays membres, qui aura un mois pour étudier tous les aspects de cette force militaire conjointe et faire des recommandations sur ses procédures, ses mécanismes et son budget». La Ligue arabe avait déjà à plusieurs reprises exprimé le "besoin pressant" d'une force conjointe arabe pour «combattre les groupes terroristes», notamment Daech, plutôt que des laisser les occidentaux s’en occuper vainement.

Il faut dire que la situation au Yémen, où les rebelles houthis (chiites) ont militairement envahi le pays et bloqué ses institutions constitutionnelles, a constitué la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Surtout que l’alliance entre Houthis, Daech et El Qaïda de la péninsule arabique (AQPA) risque de transformer le pays de la reine de Saba en un véritable Etat terroriste, menaçant ainsi la stabilité de toute la région du Golfe ainsi que les passages maritimes stratégiques de la mer rouge.

D’ailleurs le Roi d’Arabie Saoudite, Salmane Ben Abdel Aziz, dont le pays est le premier à avoir volé militairement au secours du Yémen, a affirmé que cette intervention continuera tant que la «sécurité» n’a pas été rétablie.  Elle ira même jusqu’à la «reddition totale des rebelles chiites houthis» a ajouté pour sa part, le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, présent au sommet.

Le secrétaire général de L’ONU, lui aussi présent à Charm el-Cheikh a plaidé pour une solution «pacifique». «J'ai le fervent espoir qu'à ce sommet de la Ligue arabe, les dirigeants vont définir des lignes directrices claires pour résoudre de manière pacifique la crise au Yémen», a-t-il dit, avant d’exprimer sa «honte» sur le dossier syrien. «Je vous avoue ma colère et ma honte. Colère en voyant le gouvernement syrien, les groupes extrémistes et les terroristes détruire sans relâche leur pays. Honte de partager la responsabilité de l'échec collectif des communautés internationale et régionale à agir pour stopper définitivement le carnage en Syrie, où la guerre fait rage depuis quatre ans».

Il est à rappeler qu’ l’issue de ce sommet, le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane qui a représenté le SM le Roi Mohammed VI au sommet des chefs d’Etat arabes, a annoncé que le Maroc abritera l’an prochain le 27e sommet de la Ligue arabe. «J'ai l'honneur de vous annoncer que le Maroc organisera l'an prochain le sommet des pays arabes sous la présidence de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Le Maroc est heureux de vous accueillir», a déclaré le chef du gouvernement lors d'une brève allocution devant les chefs d'Etat arabes.