Casablanca : une propreté… sale Imprimer
Écrit par Belkacem Amenzou   
Incontestablement, les choses ne sont pas suivies d’une manière professionnelle dans le secteur de la gestion de la collecte des ordures ménagères à Casablanca. Bien plus, des odeurs nauséabondes se dégagent déjà des fichiers de gestion de ce secteur.
Juste après la validation des nouveaux cahiers de charges et la retenue de Sita El Beida et Averda (nouvel entrant à Casablanca) pour gérer ce secteur dans le cadre de la gestion déléguée jusqu’au mois d’avril 2021 pour une enveloppe de 53 milliards, la dame qui pilote le pôle au conseil de la ville de Casablanca depuis belle lurette, est montée au créneau pour, «communiquait-elle», mener  une campagne de sensibilisation auprès des préfectures d’arrondissement de la Région du Grand Casablanca. La mission est d’expliquer les clauses des nouveaux cahiers de charges, laissait-elle entendre. Mais sur le terrain déjà jonché par les ordures, les choses se présentent autrement.  De mal en pis. Ainsi et en collaboration avec le secrétaire général du conseil de la ville de Casablanca, selon des informations concordantes, la dame a mobilisé plusieurs fantômes de la commune urbaine de Casablanca pour «meubler» les espaces où sa caravane fait escale en vue de sensibiliser les citoyennes et les citoyens aux questions de propreté. Ces personnages (fantômes de la commune) disponibles tout le temps jouaient ainsi tous les rôles. Tantôt, ils représentaient les médias, tantôt, ils posaient des questions au nom de la société civile.

Ainsi, les mêmes figures accompagnaient la «dame propreté» durant tout le périple l’ayant conduit à toutes les préfectures des Arrondissements de la Région du Grand Casablanca. Et au passage, des factures sont remplies et signées. Budget de la campagne. Il fallait voir comment la dame a versé l’argent du contribuable à des agences «bidons», en justifiant sur papier comme quoi elles l’ont accompagnée durant ce périple. C’est de la nouvelle communication consistant à justifier l’injustifiable et trouver des formules magiques pour dilapider les deniers publics. «La propreté fait partie de la foi», signifiait notre religion l’Islam !  Le périple ayant démarré à Hay Hassani s’est achevé dans la préfecture des arrondissements de Hay Mohammedi Aîn Sebaâ. Et durant tout ce circuit, la dame parlait de transition et sur le terrain des ouvriers travaillent dans des conditions qui laissent à désirer, avec des moyens archaïques, des engins déglingués et sans aucune protection. Il faut voir comment certains éboueurs font la manche dans les quartiers. Quant au ramassage des détritus, tous les Casablancais et les visiteurs de la ville blanche l’auraient constaté. Leur nez est mis à rude épreuve à chaque passage d’un engin de collecte des ordures ménagères. Des odeurs nauséabondes, fétides se propagent insidieusement le long du boulevard ou de la ruelle où passent ces camions-bennes, dans un état ferrailleux, qui lâchent des «jus» en passant. Des effluves qui, souvent, font froncer le nez aux piétons ou remonter en toute vitesse les vitres aux automobilistes aux niveaux des feux de signalisation. Le spectacle est désolant. Un bien triste tableau, mais, surtout, une véritable calamité pour l'environnement, dans une métropole de plus en plus polluée et de plus en plus urbanisée. «J'octroie à ce temps-ci cette devise : propreté sale», écrivait Victor Hugo dans son œuvre «Les Misérables». La gestion déléguée de ce secteur, rappelle-t-on enfin, arrive à terme en 2021. A ce rythme, on imagine ce que sera la situation dans quelques années. Rappelons que la quantité de déchets au niveau de la ville de Casablanca est estimée actuellement à plus d’un million de tonnes par an. Et la décharge de Médiouna accueille plus de trois mille tonnes de détritus chaque jour.