Le Wali Safir diligente une enquête Imprimer
Régions
Écrit par Mohamed Younes   

Casablanca : Les lots de terrain de la discorde


C’est un scandale, dénoncent les uns. Il n’y a pas de viol des lois en vigueur, répliquent d’autres. Les uns et les autres échangent à propos d’une affaire de lots de terrain dont viennent de bénéficier de hauts fonctionnaires à la préfecture de Casablanca. Ces hauts fonctionnaires possèdent déjà des logements de haut standing, voire même des villas cossues dans des endroits où le M2 dépasse le seuil du tolérable.

La procédure permettant d’y arriver est vraiment géniale. Adhérer à l’association des œuvres sociales des employés et agents de la préfecture, déposer un dossier dans ce sens et une commission validera par la suite.  Ce qui est intriguant dans cette affaire est que seulement certains hauts fonctionnaires parviennent à formuler des demandes qu’une commission «spéciale» validera puis offre le lot qui aiguise les appétits. Les autres pauvres fonctionnaires n’entendent parler de ces lots que dans les médias. Eux, ils servent pour meubler l’espace lors des assemblées de cette association et approuver les projets de l’association. Et ils bénéficient que de colonies de vacances pour leurs enfants à travers la même association des œuvres sociales. Ou de misérables aides dans certains cas sociaux. Quel paradoxe ! Bref, les uns tirent profit de lots et d’autres se contentent de miettes à travers la même association. Et dès que le lot est livré, les heureux bénéficiaires le cèdent à des prix exorbitants. Ces lots sont situés à la sortie de Casablanca vers Dar Bouâazza. Voilà la promotion du logement pour les fonctionnaires de la préfecture ! Mais en réalité, on est en face à une infernale spéculation foncière. Des fonctionnaires adhérents à cette association affirment, non sans amertume, que cette association n’est qu’un cadre exploité par certains hauts fonctionnaires pour tirer profit du foncier. Chose qui aurait mis la puce à l’oreille du wali du Grand Casablanca Khalid Safir. Ce dernier aurait alors immédiatement ordonné l’ouverture d’une enquête pour tirer au clair cette affaire. Le président du Groupe X-Maroc, association marocaine des anciens élèves de l’Ecole polytechnique, est intraitable sur les questions de rente, du trafic d’influence et de pareilles pratiques. Indubitablement il semble décidé à mettre un terme à toutes les formes de rente qui sévissaient dans la Métropole et ternissaient son image. Après avoir mis en place des critères rigoureux, objectifs et crédibles pour encadrer l’octroi des subventions aux associations, il vient d’ouvrir ce fichier de l’association des œuvres sociales de la préfecture de Casablanca ainsi que les autres associations pareilles au niveau de Casablanca. C’est dire que les pratiques des loups pour avoir des lots seraient réprimandées. Vivement la transparence et la bonne gouvernance.