«Le trouble mental n'est pas un crime : le traitement à la place du meurtre» Imprimer
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Écrit par DFE   

Sit-in contre la peine de mort à Rabat


La Coalition marocaine contre la peine de mort a organisé lundi dernier à Rabat devant le parlement un sit-in de protestation pour l’abolition de la peine de mort au Maroc sous le thème «le trouble mental n'est pas un crime : le traitement à la place du meurtre». Une manifestation qui s’inscrit dans le cadre de la campagne organisée par la coalition en vue de relancer le débat sur la peine capitale, à quelques mois du vote relatif aux exécutions devant l’Assemblée générale des Nations-Unies en décembre prochain. Ce sit-in intervient à la suite d’une série de rencontres et conférences organisées la semaine dernière à l’occasion de la journée mondiale contre la peine de mort, commémorée le 10 octobre.

Dans les «couloirs de la mort», plusieurs condamnés à mort vivent dans des conditions inhumaines. Certains «souffrent de graves troubles mentaux et psychiques, confie la coalition. D’après une étude de terrain, « ertains ont déjà passé 15 ans dans leurs cellules et cela pose la question de la prescription dans la mesure où l’exécution d’un jugement est liée à un délai d’application de 15 ans», confie Me Jamaï, coordonnateur de la Coalition marocaine contre la peine de mort qui rassemble une vingtaine d’ONG.

Il ne s’agit pas uniquement d’attirer l’attention du gouvernement sur ces conditions inhumaines, mais également de faire pression pour qu’il vote le moratoire de l’ONU contre la peine de mort après plusieurs années d’abstention. D’après le réseau des parlementaires, l’abstention continue du Maroc est en contradiction avec les principes de la constitution de 2011, notamment le «droit à la vie», estime Nouzha Skalli, porte-parole du Réseau des parlementaires contre la peine de mort lors de la conférence de presse tenue le 8 octobre dernier. Le réseau des parlementaires a d’ailleurs déposé une proposition de loi contre la peine de mort au parlement où il propose d’amender une série d’articles du code pénal pour substituer la peine de mort par la condamnation à perpétuité compressible. L’article 430 de ce code pénal stipule par exemple que « la peine capitale soit prononcée si et seulement si «les juges le décident à l’unanimité». Le collectif des députés compte présenter au gouvernement un mémorandum contre la peine de mort afin que le Maroc fasse enfin le pas et signe le moratoire onusien pour abolir la peine capitale.