Ouarzazate… Imprimer
Régions
Dans le besoin vital d’un grand festival de cinéma !

L’idée n’est pas nouvelle. Plusieurs l’ont abordé, mais seulement dans des spéculations de salons. Jamais, un projet n’en est sorti indemne. Une dramatisation, une amplification, un sentiment d’infériorité et aussi une peur d’une aventure aux conséquences non calculées. Vers la fin, les jeunes ouarzazis ont le doit de se demander : Et pourquoi Pas ? Après tout, le développement passe aussi par l’investissement dans champ culturel, et la fertilisation de l’imaginaire des citoyens et la médiatisation d’une image au service d’un créneau porteur dans la région, à savoir le tourisme.
Il faut certes démarrer dans toute réflexion par la question essentielle : Que veut-on au juste ? Quelle est la nature du festival requis et approprié à Ouarzazate, surnommée Hollywood d’Afrique, non sans fondement, d’ailleurs. Si la couleur semble quelque peu ternie, ce n’est que par l’absence d’une politique intégrée. Mais aussi à cause d’un manque de capitalisation des différentes initiatives. La jolie ville et son arrière pays  féérique ont connu le tournage de plusieurs films de valeur sur les plans cinématographique et productive (Gladiateur, Babel, Body of lies, la Momie, Prince of Persia...). De la Casbah d’Aït Benhaddou, à la palmeraie de Skoura, du bel oasis de Fint aux hauteurs caillouteuses d’Agdez et des plateaux désertiques de Ghassat aux monts enneigés du Tichka… les gens savent que le « film « est porteur d’espoirs et de bienfaits. Un revenu certes conjoncturel, mais également fructueux. Même avec les spéculations et les manigances de certaines parties prenantes au rouage administratif et professionnel. Bref, les gens y voient un créneau de développement, notamment ces artisans professionnels à court d’opportunités durables.
Trois grands axes à prévoir. Le premier serait promotionnel, et s’appliquerait à rentrer de plain-pied dans le monde de la compétition internationale, avec le Mexique, l’Afrique du Sud et actuellement plusieurs pays de l’Amérique Latine. Il s’agit aussi de faire la promotion de la destination touristique. Le ciné-tourisme est désormais à mettre en avant des projets programmés. Le deuxième doit prendre cette lignée consolidant les initiatives de développement, en matière de l’industrie cinématographique. Dans ce cadre, la programmation comprendrait nécessairement des ateliers pratiques, des sessions de recyclage au grand bonheur des professionnels locaux du cinéma, et des formations professionnelles, dédiés aux étudiants de l’Institut Spécialisé aux Métiers de Cinéma (ISMC) et de la faculté polydisciplinaire d’Ouarzazate. D’autres doivent aussi faire montre des opportunités à saisir par les investisseurs internationaux. Et ce serait important, sinon capital de prévoir une session des films et documentaires tournés dans la région, du moins pour permettre aux férus du 7e art, aux cinéphiles, aux étudiants et stagiaires en la matière ainsi qu’aux comparses de voir leur image, celle de leur région dans les grandes productions. Une motivation de taille.
Certes, tout festival qui ne prendrait pas en compte cette caste de petites gens (artisans, comparses et stagiaires), n’aura aucun succès, car sans impact ni enracinement dans l’espace public. Ouarzazate n’est aucunement comparable à Marrakech. La troisième dimension devrait se rendre à l’évidence que le cinéma c’est aussi un art qu’il faut inculquer aux nouvelles générations. Un spectacle à garantir, des films à visionner, des stars à présenter au public, des compétitions de haut niveau et des prix à la hauteur.
La réponse la plus courante a toujours été que les moyens d’Ouarzazate ne lui permettent pas d’abriter une pareille manifestation ni cette gotha du cinéma international. Ce qui n’est qu’à moitié vrai, en fait. Car, on n’est pas obligé de démarrer à cent à l’heure. Tous les êtres, toutes les créatures naissent et poussent selon une cadence appropriée. Tous les appareils nécessitent un temps d’huilage, dit-on. D’abord, dans ce genre de projet, il faut de la volonté politique. Les différents conseils élus et professionnels de la province doivent conjuguer leurs efforts, pas en matière financière obligatoirement. Le Centre Cinématographique Marocain (CCM), la commission film, le ministère de la Culture, la Fondation du Grand Ouarzazate, le ministère du tourisme, le MAZEN doivent s’y impliquer et, ipso facto, le secteur privé doit suivre. Il est inadmissible de concevoir une ville telle Ouarzazate sans festival de cinéma. Commençons par le commencement, la Commission du film pourrait, sinon devrait, être le fer de lance de cette dynamique prometteuse.
*Source : www.almaouja.com