Le bilan de l’explosion «énigme» s’alourdit à 4 morts, l’enquête se poursuit Imprimer
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Écrit par Mohamed Ezzine   

Azrou

Le bilan de l’explosion de gaz qui a soufflé littéralement sur le rez-de-chaussée d’une maison de la rue du Caire à la ville d’Azrou lundi matin s’est alourdit  à quarte morts et 9 blessés, dont une personne dans un état critique, apprend-on de sources médicales. Par ailleurs, une enquête est ouverte pour lever le couvercle de cette marmite explosive.

Le précédent bilan de cette catastrophe était de deux morts et 11 blessés. Deux personnes ont trouvé la mort quelques minutes après l’explosion, une jeune monitrice de 24 ans, travaillant dans une autoécole située au rez-de-chaussée de la maison mitoyenne à l’épicerie, également soufflée par la déflagration et un homme d’environ 65 ans qui traversait cette rue passante.

Les deux autres personnes, grièvement blessées et évacuées d’urgence à l’hôpital de Meknès, n’ont pas survécu à leurs blessures et sont décédées dans l’après-midi de ce  lundi maudit.  La  jeune fille qui a eu le malheur de se trouver près du lieu de l’explosion, accompagnait sa sœur, blessée aussi, pour s’inscrire à l’institut de l’OFPPT  se trouvant dans un quartier proche. La seconde victime succombant à ses blessures à Meknes est le propriétaire de l’épicerie, un militaire retraité, dont la mort  a enseveli à jamais la réponse à ce qui s’est vraiment passé ce lundi 25 août vers 9h20mn.

Etant seul à l’épicerie au moment des faits, il est difficile dès lors de se limiter à une seule hypothèse pour apporter une réponse convaincante à la question de l’origine de cette violente explosion.

24 heures après le sinistre, les enquêteurs semblent se pencher sur la piste d’une fuite de gaz plutôt que sur celle de l’explosion d’une bonbonne de gaz, contrairement au communiqué officiel. D’après des témoins, les dizaines de bonbonnes de gaz trouvées sur les lieux  sont intactes  et aucun débris des bouteilles incriminées n’a été pour l’instant trouvé. « Toutes les hypothèses sont prises en considération », nous confie par ailleurs un responsable qui a requis l’anonymat avant d’expliquer que « les fouilles du lieu continueront une fois la stabilité de la maison assurée.» Des ingénieurs spécialistes devaient procéder en effet hier mardi à l’auscultation dynamique des maisons endommagées  et dont les locataires ont été évacués et pris en charge par la cellule de crise ordonnée par le gouverneur de la province d’Ifrane. Tous les services apportent leur soutien : municipalité, autorités locales, services de sécurité…

D’autres pistes ?

Si on en croit les premiers éléments de l’enquête,  la version officieuse, l’accumulation de gaz au niveau du vide de l’épicerie suite à une fuite serait à l’origine de la très forte déflagration actionnée par l’allumage de l’éclairage. Selon les témoignages recueillis sur place, la détonation a été entendue  à plus de deux  kilomètres, provoquant au passage, des victimes et des dégâts matériels importants : mûrs fissurés des maisons mitoyennes,  les vitres des fenêtres et des voitures volés en éclat et le rez-de-chaussée de deux maisons complètement dévasté. Mais qu’en est-il de la fuite du gaz et de  son odeur dont des voisins immédiats interrogés n’ont pas sentie ? Qu’en est-il aussi de l’absence de flamme, de feu ou de fumée ? Autant de questions dont les réponses pourront mettre à jour les éléments qui pourraient éclairer cette affaire, d’autant plus que la rumeur enfle et dans la rue, chacun y va de son commentaire. On parle notamment de poudre, une substance utilisée dans l’excavation des puits. Des révélations non confirmées, ni infirmées laissent cette marmite sous pression dans laquelle bouillonnent des commentaires explosifs pouvant faire sauter le couvercle sur une enquête superficiellement entamée.