Pour qui roule le pacha de la ville ? Imprimer
Régions
Écrit par Mohamed Ezzine   

Ifrane

NPM : La ville d’Ifrane

Après le coup de gueule des élus, c’est au tour des acteurs associatifs de monter au créneau pour dénoncer la politique du «deux poids, deux mesures» du pacha de la ville d’Ifrane.

Fin de la lune de miel ou simple accident de parcours ? Depuis le début de l’année, le bras de fer entre le pacha et des représentants de la société civile (conseil élu et associations) est sujet à tous les commentaires et chauffe les tensions en cette période hivernale glaciale. Outre l’absence du dialogue et  «les attitudes méprisantes» (sic), la destruction par le pacha d’un kiosque appartenant à une diplômée au chômage et dont « la construction a été validée par la commune urbaine d’Ifrane» a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase et le point de départ par lequel le feu de l’indignation est partie.

Certes côté élus dont les dirigeants avaient menacé de démissionner, la cocotte-minute des tensions a été mise sur un feu doux   grâce notamment à l’intervention et à la disposition du nouveau  gouverneur au dialogue, doublée d’un sens de l’écoute exemplaire. Les choses semblent rentrer dans l’ordre. Mais elle est en train malheureusement, côté des acteurs associatifs, de se réchauffer à une température inquiétante au risque de dynamiter tout l’espoir d’apaisement nourri à ce jour. En effet, pas plus que le week-end dernier, une réunion s’est tenue à Azrou entre des militants associatifs de la province d’Ifrane  pour examiner l’opportunité de la création d’’un collectif citoyen et un front commun pour dénoncer «les discriminations et les injustices sociales», qui sévissent à Ifrane et ailleurs notamment le «deux poids, deux mesures», des autorités devant le problème de l’occupation et l’exploitation du domaine public.

Le réveil citoyen

Les griefs contre le pacha ne se limitent pas à l’affaire du kiosque. Une affaire qui donne lieu aujourd’hui à un élan de solidarité dont le cercle s’élargit jour après jour pour toucher les acteurs de la ville d’Azrou dont le mouvement associatif est très dynamique. A l’index aussi le laisser-aller dans l’application de la loi notamment concernant le parti pris dans le traitement de différents dossiers qui pour les analyser revient à décortiquer un millefeuille où sédimentent plusieurs strates à scandales. D’autres parlent de manœuvres à peines voilées «d’assujettissement de la société civile» à des fins électorales. Le citoyen lambda, lui, découvre, un relâchement à différents niveaux avec le risque que tout pourra s’emballer sans que l’autorité joue le rôle de régulation qui est l’essence de son existence. Avec le risque aussi que les autorités violeraient leurs propres règles.

Voila pourquoi l’opinion publique locale, assiste avec une certaine stupéfaction mélangée des fois à l’irritation, aux abus dont n’ont cure certains agents d’autorité empruntant ainsi, dans un contexte tendu, la voie de l’escalade au lieu de chercher les moyens à même de trouver une solution concertée aux problèmes, soient-ils épineux.

«L’affaire du Kiosque», qui fait le buzz sur le net et meuble les discussions des forums sociaux, donne raison de s’interroger sur les veritables motivations  et la détermination du pacha de la ville à mettre à genoux les dirigeants du conseil municipal en cette période pré-électorale ? Sur l’étendue d’influence des lobbies et de poches de résistances ? Sur le degré de résilience des nouveaux aux diverses manipulations ? Sans doute la meilleure réponse est d’apprendre par cœur les leçons de proximité que donne à chaque occasion  SM le Roi dans le cadre de ses initiatives, de ses discours et de ses déplacements.