La dimension africaine du Maroc se consolide

C’est un fait incontestable. Le Maroc s’engage pour l’Afrique et les Africains. En effet, depuis belle lurette et notamment après le retour triomphal du Maroc à son institution africaine en début de l’année 2017, l’engagement du Maroc pour le développement de son continent se poursuit sereinement et efficacement et se renforce à bien des égards.

Dans ce sens, l’année 2018 a été marquée par plusieurs initiatives reflétant cet engagement prometteur. Erigeant l’Afrique comme pivot de sa politique, de sa diplomatie et de son économie, le Maroc investit dans la coopération africaine afin de servir l’Afrique et les Africains. C’est dans ce cadre que se sont poursuivies les visites du Souverain dans les pays africains, au cours desquelles d’importants accords commerciaux, économiques, culturels et d’échange ont été signés entre les partenaires africains et leurs homologues marocains. Cette dynamique royale ne tardera pas à apporter ses fruits. Sur le plan diplomatique, les relations se sont nettement consolidées avec des pays africains qui étaient jusque-là alignés sur des positions des ennemis de l’intégrité territoriale du royaume.

Cet essor dans les relations du royaume et des pays africains s’est traduit en 2018 par la demande de plusieurs capitales africaines d’avoir une représentation diplomatique au Maroc. Sur ce registre, pas moins de neuf pays africains ont demandé en 2018 à SM le Roi Mohammed VI d’ouvrir des ambassades au Maroc. Selon des informations médiatiques, ces neuf pays sont les Îles Comores, le Sud-Soudan, la Tanzanie, le Rwanda et le Kenya. Selon les mêmes informations, le nombre des demandes augmentera au cours de l’année 2019 et devrait dépasser les quinze demandes. Il faut dire que le retour du Maroc à l’Union africaine et les voyages effectués par le Souverain sur le continent africain ont permis au Maroc de réaliser des percées diplomatiques remarquables.

Sur le plan économique et d’investissement, le Maroc est fortement présent sur le continent par des actions ciblées, prometteuses et des partenariats gagnant-gagnant.  En effet, si le Maroc concentre l’essentiel de ses investissements étrangers en Afrique (deuxième investisseur après l’Afrique du Sud), le stock des investissements directs marocains sur le continent a dépassé les 4,5 milliards de dollars, représentant plus de 90% des investissements marocains étrangers. Le développement de plus 500 accords de coopération dans plusieurs domaines a favorisé le développement des entreprises marocaines en Afrique, grâce à l’adoucissement des réglementations en vigueur, encourageant l’installation des opérateurs marocains dans bon nombre de pays subsahariens.

Avec un taux de présence dépassant les 45%, les établissements bancaires marocains se développent en Afrique par voie de prises de participation ou de montage de nouvelles filiales. La nouvelle politique d’ouverture de l’économie marocaine sur l’Afrique a consolidé et amélioré les relations commerciales entre le Royaume et les autres pays subsahariens. Dans le domaine de l’agriculture, la reconnaissance par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) du Plan Maroc vert (PMV) comme modèle en matière de développement du secteur agricole conforte le Maroc dans son approche de transfert d’expertise et de coopération rapprochée avec ses partenaires africains dans le cadre de la coopération Sud-Sud. En ce qui concerne, la demande d’adhésion du Maroc à la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), celle-ci est entrée à la fin de l’année 2018 dans sa phase finale d’étude.

En effet, après l’examen du volet politique et l’étude de l’évaluation économique, la CEDEAO se penche sur l’aspect juridique de cette adhésion. L’institution ouest-africaine a confié le dossier à trois juristes de renommée internationale. Il s’agit de l’ancien ministre sénégalais aux Affaires étrangères, Ibrahim Fall, qui avait déjà étudié d’autres dossiers au sein de l’Union africaine, du constitutionnaliste béninois, Joël Aïvo et du professeur de droit public à l’Université de Lagos, Ameze Guobadia.

Sur le plan politique, la demande d’adhésion du Maroc a été soutenue à bien des égards. Lors du dernier colloque organisé à Rabat par la Chambre des représentants, en partenariat avec le parlement de la CEDEAO et sous le thème «Vers une meilleure circulation des personnes et des biens entre les pays africains», le président et les membres du parlement de la CEDEAO ont souligné que cette adhésion constituerait, sans nul doute, une valeur ajoutée pour la communauté. Le Maroc constitue en effet une valeur ajoutée pour toute l’Afrique. «S’agissant de la solidarité, le Maroc suit une approche diplomatique stratégique visant à consolider une coopération sud-sud efficiente, notamment avec les pays africains frères.

A cet égard, les visites que Nous avons effectuées dans nombre de pays du continent Nous ont permis de développer un modèle de coopération économique mutuellement bénéfique, et d’améliorer les conditions de vie du citoyen africain», avait souligné SM le Roi Mohammed VI.  C’est d’ailleurs la feuille de route africaine du Maroc.

Belkassem Amenzou

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