journal albayane

Un mort dans l’incendie d’un atelier d’ameublement PDF Imprimer Envoyer
Régions
Écrit par Mohamed Ezzine   
Azrou

U
n jeune ouvrier de 22 ans a trouvé la mort suite à un incendie qui s’est déclaré lundi dans l’après-midi au sous-sol d’un magasin d’ameublement situé au nouveau quartier résidentiel Nakhil à Azrou. Le non respect des normes de sécurité est indexé.

Selon les témoignages recueillis sur place, le feu s’est déclaré aux alentours de 16 heures dans la cave d’une habitation de trois étages, dont le rez-de-chaussée et le premier étage abritent un magasin d’ameublement de tissus avec une cave transformée en atelier pour la confection de tapisserie, de découpe de mousse synthétique pour rembourrage de matelas et autres salons traditionnels marocains.
Plusieurs heures après le drame, la cause de l’incendie n’était toujours pas connue, affirme une source policière. Mais d’après l’un des deux ouvriers rescapés de ce sinistre, «le feu se serait déclenché suite à la projection d’étincelles de soudure sur des mousses entreposées au sous-sol», «une matière première réputée hautement inflammable», explique un pompier. Ce qui a probablement favorisé la propagation rapide des flammes accompagnées d’une épaisse fumée noire qui ont atteint le deuxième étage. L’hypothèse d’un court-circuit suite à l’utilisation d’une chignole électrique au moment des faits n’est pas non plus écartée.
Toujours selon nos sources, face au retard accusé par les sapeurs-pompiers (une demi-heure pour une distance ne dépassant pas 2 km  à vol d’oiseau de la caserne), ce sont des habitants des alentours et des badauds qui se sont mobilisés pour apporter les premiers secours, parvenant ainsi à sauver la famille du propriétaire du magasin dont l’enfant de trois ans s’est évanoui et a été évacué à l’hôpital et deux ouvriers sortis du feu avec des blessures légères.
Piégée à l’intérieur, la victime âgée de 22 ans et répondant au nom de Fakir Omar est morte vraisemblablement asphyxiée et calcinée par les flammes qui ont réduit à néant l’atelier. Et il a fallu pas moins de deux heures à la dizaine de pompiers mobilisés pour circonscrire le feu et sortir le cadavre du  jeune Omar des décombres de ce brasier devant l’émotion et l’indignation d’une foule immense d’habitants du quartier.

Aucune norme de sécurité
D’après les premiers constats sur le lieu du sinistre, l’absence des mesures et des normes de sécurité pour ce genre d’atelier est flagrante. Les conditions du travail sont indignes aussi. Dans cette cave, c’est un attirail de tous les dangers avec des produits chimiques et des matières premières à bases de produits inflammables stockées  pêle-mêle dans des conditions qui laissent à désirer, car sans aucun respect des normes en vigueur, s’insurge un fonctionnaire qui a pu accéder au local sinistré. «C’est une bombe à retardement», conclut-il.
Les autorités locales, les services de sécurité et de contrôle, et les responsables de la municipalité qui ont accouru sur les lieux devraient sans nul doute avoir un très lourd poids sur la conscience. Comment ne pas l’être en effet quand on sait le laisser-faire et la complaisance qui président souvent à la délivrance aveugle des autorisations, sans s’assurer de la mise en œuvre et l’application stricte des dispositions légales en matière de la législation du travail et des ouvertures de ce genre d’ateliers. Ce drame suffira-t-il à allumer le feu des bonnes consciences pour agir ?